L'an 2034, la campagne électorale et Schrodinger

Signe que l'été tire à sa fin, j'ai revu cette semaine les gars de La soirée est (encore) jeune. Comme chaque début de saison, nous avons discuté de nouvelles idées et concepts que nous ne mettrons probablement jamais en oeuvre. On a bien rigolé quand même.

Sinon, j'ai terminé deux livres depuis la semaine dernière. D'abord, le roman 2034 (seulement disponible en anglais pour l'instant), suggéré par Élisabeth Vallet. On y imagine une guerre entre les États-Unis et la Chine en 2034 (oui, c'est pour ça le titre). C'est un peu inquiétant, mettons. Mais c'est enlevant. Un page turner comme on dit dans le milieu. On me propose le terme « accrolivre » en français. Je vais penser à ça.

J'ai aussi « lu » le livre audio « C'était au temps des mammouths laineux » du regretté Serge Bouchard. Est-ce que ça se peut, un accrolivre audio? Est-ce qu’on peut tourner les pages d’un page turner sans page? En tout cas, j'ai bien aimé tous les chapitres, sauf ceux où il parle de technologie. Un peu technophobe notre bon Serge. Faut dire que le livre date de 2012, ce qui fait que les commentaires du genre « les twits qui sont sur Twitter » ont un peu mal vieilli. Pas grave, ça vaut la peine d'être écouté pour le reste.

Le Canada!

Oui, je vais vous parler des élections. Que c'est excitant. On est sur le bout de notre siège en attendant de savoir comment Justin Trudeau finira ses phrases qui commencent toujours par: « Nous sommes en train de travailler pour s’assurer que les Canadiens et les Canadiennes... ». Il est toujours question de s'assurer de travailler à quelque chose. Choisissez votre quelque chose, il s’assure de travailler dessus. Une belle technique pour remplir du vide avec du vide.

Heureusement qu'il y a des gens plus divertissants comme Maxime Bernier. Cet homme me fascine. Je me demande toujours comment ça se passe dans la tête de ce genre de personne qui décide un jour, « bon, ben j'y vais all-in dans la démagogie outrancière ». Que ce soit dans les médias ou en politique, c'est un choix. Ils ne font pas ça par conviction, en se disant que c'est pour le bien du pays. La personne se dit plutôt: « je vais jouer au cave pour plaire à une certaine partie de la population qui veut être confortée dans sa croyance que son système immunitaire est plus fort que tout ou que de se promener en skidoo à gazoline au centre-ville avec pas de casque est un droit ».

À la limite, je peux comprendre que pour une personnalité médiatique, ça peut être payant. Mais pour un politicien? Oui, ça a fonctionné dans le cas de Donald Trump, mais le Canada n'est pas les États-Unis. En tout cas, pas encore.

Maxime Bernier, qui est fier de n'être pas vacciné et qui qualifie régulièrement les Libéraux de fascistes en évoquant les camps de concentration, plait peut-être à une frange de la population, mais je ne vois pas comment il pourra être élu dans une circonscription avec des idées aussi absurdes. D'ailleurs, selon le dernier sondage Léger, il est à 1% dans les intentions de vote au Québec. 1% l'aime beaucoup, mais 95% doivent le trouver plutôt jambon. Le calcul est assez simple, il devra se trouver un job pour arrondir ses fins de mois.

Quant au Parti Conservateur, on lui donne une mention spéciale pour le graphisme suivant:

Schrodinger

Enfin, j'ai appris une nouvelle expression cette semaine. Le schrodinger’s douchebag. Quelqu'un qui dit une grosse niaiserie, mais qui plus tard prétend que c'était une blague.

C'est la stratégie de certains animateurs de radio. C'est même la nôtre des fois à La soirée. Quoiqu'on a l'excuse de faire une émission d'humour. Toujours plus crédible lorsqu'on dit que quelque chose était de l’humour.

Schrodinger, en l'honneur de la théorie de ce physicien que j'ai encore un peu de misère à comprendre et qui implique un chat et des radiations mortelles:

« Un chat est enfermé dans une boîte avec un flacon de gaz mortel et une source radioactive. Si un compteur Geiger détecte un certain seuil de radiations, le flacon est brisé et le chat meurt. Selon l'interprétation de Copenhague, le chat est à la fois vivant et mort. Pourtant, si nous ouvrons la boîte, nous pourrons observer que le chat est soit mort, soit vivant. »

Donc, ce que le douchebag de Schrodinger dit est à la fois une blague et pas une blague. C'est lorsqu'on voit la réaction des gens que l'on décide si c'en était une ou pas. Commode.

Parlant de physique quantique, ce passage du philosophe Michel Onfray qui essaie de mettre sur le dos des univers parallèles les changements climatiques est... quelque chose.

Vous penserez à ça d'ici la semaine prochaine.

S'il vous reste du temps...