Le 6e joueur, les néandertaliens et l'épicerie robotique

40 000 ans de solitude

C’est la troisième fois que je m’insère dans votre boîte de réception grâce à cette infolettre. J’essaie de garder le rythme pour m’affranchir tranquillement des algorithmes. J’ai regardé le documentaire The social dilemma hier (je sais, je suis en retard) avec mes enfants pour qu’ils comprennent qu’ils peuvent être manipulés par les réseaux sociaux et on dirait que ça m’a encouragé un peu plus.

N’hésitez pas à m’écrire si vous avez des commentaires, des questions ou si vous trouvez que j’accorde mal mes participes passés.

Ça me ferait aussi plaisir que vous transfériez ce courriel à vos amis qui pourraient être intéressés aux médias, à la futurologie ou à ma recette de pad thaï. Un jour je vous la donnerai.

Le fameux 6e joueur, les hommes d’il y a 40 000 ans et la semaine de 4 jours

Canadien est en finale de la Coupe Stanley alors il a beaucoup été question de hockey cette semaine. En passant, pour ceux qui se demandent pourquoi il n’y a pas de nouvel épisode du balado du Sportnographe, je leur répondrai que c’est une très bonne question.

C’est dommage parce qu’il y a beaucoup de choses loufoques à se mettre sous la dent. J’ai particulièrement aimé un tweet d’Éric Duhaime, le tonitruant chef du Parti conservateur du Québec. M. Duhaime a dénoncé le refus du gouvernement d’accepter un plus grand nombre de spectateurs au Centre Bell.

Je ne sais pas trop si je suis pour ou contre cette décision et ce n’est pas vraiment important. Je vous l’ai dit, je n’ai pas toujours d’opinion.

Donc, Éric Duhaime a tweeté que François Legault « refuse de faire entrer le 6e joueur dans le Centre Bell » et qu’il prive Canadien de « l’énergie des partisans qui peut transporter l’équipe ». Ce qui a fait rire bien du monde puisqu’il y a déjà six joueurs sur la glace et que la foule est plutôt surnommée « le 7e joueur ».

C’est une erreur bien mineure. J’ai moi-même sûrement déjà demandé de combien de joueurs était composé le 11 partant du Montréal Club de Foot CF Montréal FC.

Mais la suite est intéressante puisqu’elle en dit long sur les stratégies du monsieur, inspirées sans doute par celles de ses idoles américaines. Maintenant, on n’avoue plus avoir fait une erreur, on fait juste prétendre que notre erreur est la réalité. En témoigne la réaction de Jonathan Hamel, conseiller économique d’Éric Duhaime.

Le gars a évolué (ce n’est peut-être pas le bon terme) depuis l’époque où il travaillait pour Philippe Couillard. Dans n’importe quel parti, traiter un citoyen de crisse de cave, en majuscules de surcroît, entraînerait le congédiement du conseiller en question. Mais dans leur monde où l’invective est un argument, il n’y a pas de problème. Malheureusement, je ne pourrai pas lire l’absence de mea culpa de Jonathan Hamel puisqu’il m’a bloqué sur Twitter.

Au-delà des erreurs de bonne foi, il y a celles de mauvaise foi. Comme ce tweet du chef du PCQ.

Pourtant, pour pouvoir entrer sur le site de ce Grand Prix, il fallait soit être vacciné, soit avoir obtenu un test négatif datant de moins de 24h, ou soit avoir une preuve qu’on a déjà été infecté par la COVID. Il fallait aussi probablement posséder une calotte et aimer l’odeur de gazoline. Malgré tout ça, le nombre de spectateurs était réduit de 40 % par rapport à 2019.

Éric Duhaime qui est contre un passeport vaccinal s’est donc trouvé à donner un argument pour le passeport vaccinal. On ne sait trop s’il savait ou pas que sa comparaison ne tenait pas la route, comme Lance Stroll dans un virage serré. Mais peu importe parce que pour ces gens, tout ce qu’il faut, c’est que ça ait l’air d’être vrai.

Il y a maintenant deux espèces humaines sur la terre: ceux qui croient à ces réalités alternatives, et les autres.

Tout ça me rappelle il y a 40 000 ans, quand nous cohabitions avec les Néandertaliens. Il n’y a évidemment aucune comparaison à faire entre le PCQ et les Néandertaliens, qui étaient par ailleurs pas mal moins cons que l’on pense. Je n’ai rien contre les Néandertaliens en passant, puisque j’ai moi-même 2 % de leur code génétique en moi.

Je voulais juste faire ce lien douteux pour vous suggérer d’écouter le balado Le cours de l’histoire qui nous a offert la semaine dernière une série en quatre épisodes au sujet de ma nouvelle passion: la préhistoire. Depuis que j’ai écouté Évelyne Heyer à l’émission La conversation scientifique, je suis fasciné par la lente évolution de l’humanité.

On dit entre autres que le fait qu’il n’y a qu’une seule espèce d’humains sur la terre en ce moment est exceptionnel.

« Le fait d'avoir une seule espèce humaine qui peuple toute la planète est une situation qui nous parait normale mais c'est en réalité une situation tout à fait exceptionnelle à l'échelle des temps géologiques (...) Si l'on remonte au-delà de 40 000 ans avant le présent, il y a toujours eu plusieurs espèces humaines sur terre, généralement vivant dans différentes régions du globe mais qui se sont parfois côtoyées. »

Dans le même genre, vous pouvez lire la dernière chronique de Jean-François Nadeau dans Le Devoir.

Quelle sera la prochaine étape de l’humanité? La robotisation peut-être.

Oui, on va de lien bancal à lien bancal ici.

C’est parce que je suis tombé sur plusieurs articles sur l’automatisation, sur la robotisation et sur leurs impacts sur l’organisation du travail. Cette révolution industrielle est un sujet qui m’intéresse depuis longtemps. J’ai l’impression qu’avec ces nouveaux moyens de production qui réduiront sans doute la quantité d’emplois non qualifiés, il faudra revoir l’organisation de la société. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Semaine de 4 jours, quelqu’un?

J’ai donc pu lire cette semaine un texte qui nous explique que les restaurants commencent à engager des robots plutôt que des employés qui coûtent trop cher. J’avoue que lorsque je vais au McDo (des fois, je suis très mal pris), je préfère l’écran tactile à l’ado apathique. J’en profite d’ailleurs pour féliciter mon ami, le gars des annonces de A&W : sa chaîne est numéro 2 au Québec selon ce sondage Léger.

Je suis aussi tombé sur un autre article qui dit que les robots ne volent pas nos jobs, mais les rendent juste moins agréables. Semble-t-il aussi que l’intelligence artificielle a causé une diminution de 50 % à 70 % dans les salaires, créant ainsi des inégalités de revenus et menaçant des millions d’emplois.

Heureusement, au Québec, le dossier de l’intelligence artificielle est entre les mains d’Éric Caire. C’est rassurant. Ou pas.

Je vous souhaite une belle semaine, et n’oubliez pas de regarder des deux côtés en traversant la rue.

S’il vous reste du temps…