Le diable, les réponses d’Erin O’Toole et les animateurs antivax

Bonjour!

Cette semaine j’ai visionné pour vous la série Evil. C’est que selon la version américaine du TV Hebdo, TV Guide, c’est la meilleure série actuellement en ondes. En gros, on y suit trois « enquêteurs » qui posent des diagnostics sur des personnes que l’on soupçonne d’être possédées par le démon. Il y a un technicien qui ne croit pas au petit Jésus, un futur prêtre qui le voit partout et une psychologue qui est dubitative. À la fin, on ne sait jamais trop si c’est effectivement le diable qui est derrière tout ça, si c’est l’oeuvre de quelqu’un de machiavélique ou si c’est un cas de DSM-5.

Je ne pense pas que ce soit la meilleure série en ondes actuellement comme me l’a promis le TV Guide (clairement, ils n’ont pas vu District 31), mais j’ai quand même apprécié. Peut-être que c’est la deuxième saison qui lui a valu ce titre. Je vous en donnerai des nouvelles. Si j’ai le temps.

En passant, mon autre infolettre des citations de la semaine est de retour!

Débat des chefs

J’ai aussi un peu regardé le « débat » des chefs fédéraux à Radio-Canada dimanche. Ça non plus, on n’était pas sûr si c’était des cas de DSM-5.

En fait, je n’ai attrapé que quelques minutes avec Erin O’Toole qui répondait (pas) à Annie-Marie Dussault qui lui avait demandé trois fois de suite s’il allait dénoncer les propos de sa députée Cheryl Gallant. De mémoire, en résumé, ça ressemblait à ça:

AMD: Erin O’Toole, dénoncez-vous les propos complotistes de Cheryl Gallant?

EO: Justin Trudeau n’aurait pas dû déclencher des élections, il faut un plan pour sortir de la crise.

Très loin de répondre à la question, donc.

J’ai rapporté ce dialogue sur Twitter. Ce que j’aime avec Twitter, c’est que lorsque vous écrivez quelque chose, il y a toujours deux ou trois personnes pour répondre: « Oui, mais pourquoi vous ne parlez pas de telle autre affaire? ».

Dans ce cas-ci, c’était: « Pourquoi vous ne parlez pas de Justin Trudeau? », parfois en m’accusant d’être à la solde du Parti libéral.

Je n’ai pas de sympathie pour Justin Trudeau. J’ai consacré un chapitre de livre à ses réponses vides. Je le trouve au mieux insignifiant. Mais je n’ai pas la patience d’expliquer tout ça à mes amis Renaud ou Christian.

Mourir pour des idées

Stéphane Baillargeon a écrit pour Le Devoir un texte sur ces animateurs de radio américains s’opposant aux vaccins et aux mesures sanitaires qui sont décédés récemment de la COVID.

Pour le spécialiste en psychologie sociale Seth Kalichman, le problème de l’anti-vaccination aux États-Unis « est complexe », mais ces décès de personnalités publiques qui se sont opposées aux mesures sanitaires pourraient en partie inciter certaines personnes à remettre en question leurs convictions. « Nous constatons une légère augmentation dans l’adoption de ces mesures dans les États où le taux de vaccination est encore faible, dit-il en entrevue au Devoir. Quand les gens voient des amis non vaccinés ainsi que des célébrités tomber malades, cela tend à faire diminuer leur résistance au vaccin. »

Le professeur à la University of Connecticut ajoute toutefois : « Par contre, les vrais antivax, ceux qui se nourrissent de croyances complotistes et ne font confiance à aucune information en dehors de leur bulle, rien n’est susceptible de les faire changer d’avis. »

Espérons que ça convaincra tout de même quelques personnes de se faire vacciner. Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente, comme disait l’autre.

De par chez nous, il n’y a pas d’animateurs de radio antivax. Par contre, certains sont pro-choix, si je peux m’exprimer ainsi. Ils sont vaccinés, mais dénoncent le passeport vaccinal et la vaccination obligatoire. C’est surtout pour ameuter les réfractaires aux mesures sanitaires qui forment une bonne partie de leur base, si vous voulez mon avis. Et je suppose que vous la voulez si vous êtes inscrit à cette infolettre.

Jeff Fillion, après avoir dit au début de l’année qu’il n’allait pas se faire vacciner, s’est fait vacciner en voyant un de ses collaborateurs en bonne santé, Carl Samson, frôler la mort.

M. Samson avait livré ce vibrant témoignage sur les ondes de Radio X, racontant sa difficulté d’aller faire ses petits besoins alors qu’il était hospitalisé.

- Ma job aux trois quatre heures, c'est de pisser. J'ai un cup qui est comme accroché après le bord du lit. Juste me slider pour me mettre à moitié debout, il restait à peu près huit pouces pour me mettre debout, sur le bout du lit, me baisser les culottes pis pisser dans mon affaire. Pis fermer le cup, pis le remettre là, pis me slider dans le lit.

- Ça, c'est un triathlon.

- C'est comme si c'était quasiment, c'est ça, un triathlon. Là tu dis, voyons, c'est quoi cette affaire-là, c'est donc ben niaiseux, c'est de la COVID, c'est niaiseux.

Quand uriner est aussi épuisant que de faire un triathlon, c’est signe que quelque chose cloche. Ou que vous avez vraiment trop bu.

Malgré tout, au nom de la liberté, plusieurs s’opposent aux mesures. Si vous voulez les entendre nous assurer que nous sommes dans une dictature... écoutez La soirée est (encore) jeune en fin de semaine. J’en profite quand même pour dire qu’il y a des raisons de s’inquiéter du passeport vaccinal et de poser des questions à son sujet. C’est tout à fait légitime. Je pense juste que les desseins de nos animateurs préférés ne sont pas toujours très nobles.

Un peu comme ceux d’Éric Duhaime qui flirte toujours avec les antivax. Son parti partage depuis quelques jours des vidéos de Samuel Grenier, ce militant qui a déjà comparé le centre de vaccination du stade olympique à un abattoir...

S’il vous reste du temps...